mercredi 2 septembre 2015

Mon bébé prématuré # 5

L'échéance des 15 jours en unité kangourou est arrivée très vite et j'ai rapidement senti que ça ne suffirait pas, que mon bébé ne serait pas prêt à sortir à l'issu de ce séjour. J'allais donc bel et bien être séparée de lui, ce que je ne savais pas c'etait pour combien de temps.

La veille de ma sortie de l'hôpital, nous sommes donc allés visiter le service de Neonatologie qui se situe au 4ème étage de l'hôpital. Pour y entrer, nous devions passer dans un petit couloir qui menait à un vestiaire dans lequel nous devions enfiler une blouse, des sur-chaussures et nous laver les mains deux fois (une fois à l'eau et au savon et une fois avec un gel antibacterien). Ce service n'avait rien à voir avec la maternité dans laquelle nous étions jusque lors : l'endroit était très sombre, il y avait plusieurs pièces, certaines pouvaient accueillir jusqu'à 4 bébés. L'ambiance m'a tout de suite pesé : le silence qui y règne, l'obscurité en plein milieu de journée.  J'ai essayé de rester forte, mais la découverte de ces lieux m'a une fois de plus fait craquer.

Bref, ce jour est finalement arrivé et j'espérais maintenant que mon tout petit monte dans ce service le plus tard possible dans la journée d'autant plus que depuis la veille au soir, mon petit chat tétait de mieux en mieux, il semblait enfin avoir eu un déclic !

C'est finalement vers 16h que l'auxiliaire puéricultrice est venue le chercher. Son papa et moi sommes montés  avec lui mais son papi et sa mamie venus depuis la Corse pour le voir ont du lui dire au revoir. Ils ne pourraient le prendre dans les bras qu'une fois qu'il serait sorti de l'hôpital.

Nous avons laisser notre bébé le temps pour nous de nous vêtir de notre blouse avant de rentrer dans le service puis nous l'avons rejoint dans la petite pièce qui lui avait été attribuée. Par chance c'était une chambre (enfin si on peut appeler ça une chambre) individuelle. Nous sommes restés avec lui jusqu'à 20h, le temps pour moi de lui donner une dernière tétée. Ici, pas de tétée pesée, une auxiliaire puéricultrice reste présente pendant le repas de bébé afin d'en contrôler l'efficacité. Il faut que j'apprenne à faire confiance à mon bébé. L'auxiliaire puéricultrice a d'ailleurs jugé que mon petit cœur tétait comme un chef et a même parié qu'il sortirait avant la fin de la semaine. Je croisai très fort les doigts pour qu'elle ait raison...

La séparation fut douloureuse, la seule chose qui me consolait était que j'allais retrouver mon chez moi, mon chien, mon chat, mon lit. J'allais aussi pouvoir passer du temps avec mes parents qui étaient venus me rendre visite et enfin une nuit de sommeil malgré le fait que j'allais devoir me lever pour tirer mon lait. A 3 heures du matin c'est donc ce que j'ai fait et j'en ai profité pour passer un coup de téléphone au service de neonat pour voir comment se passait la nuit de bébé. Il allait très bien, avait une fois de plus retiré sa sonde et avait donc était nourris au biberon. Il avait réussi à prendre sa ration intégralement ! Enfin !

Le lendemain, je suis allée de bonne heure le retrouver pour lui donner une tétée, j'ai également profité de cette journée pour aller faire une peu les boutiques entre midi et deux (chose que je n'avais pas fait depuis 4/5 mois !) ensuite j'ai passé l'après midi avec mon tout petit et son papa dans cette pièce lugubre... Puis rebondissement en fin d'après midi : l'auxiliaire puéricultrice m'annonce qu'une chambre mère-enfant était disponible et qu'en plus le papa pouvait y rester aussi ! Je suis donc repartie chez moi en catastrophe chercher quelques affaires. Je n'aurais finalement pas été séparée de lui bien longtemps.

La chambre mère-enfant me permettait de donner toutes les tétées à mon bébé et à l'issu de cette première nuit, le mardi matin, mon bébé allait être pesé pour vérifier s'il prenait bien du poids alors qu'il était exclusivement nourri au sein. Résultat : +10 grammes, pas énorme mais suffisant pour dire au revoir définitivement à la sonde Naso- gastrique ! Et qui dit plus de sonde, dit plus de scop, plus de câbles et notre petit garçon allait donc pouvoir quitter sa pièce pour nous rejoindre dans la chambre mère-enfant.

Que du bonheur, que de changement en 2 jours ! La nuit qui a suivi avec bébé avec nous fut un peu stressante car nous avions pris l'habitude qu'il soit contrôlé constamment, son rythme cardiaque, sa respiration, son oxygène... Là plus rien... La normalité quoi !

Tout s'est finalement très bien passé, le mercredi matin j'avais prévu un rendez vous chez le coiffeur pour me détendre, mon mari se chargeant de prendre soin de notre fils.
A mon retour vers midi, le papa avait bébé dans les bras, il venait de lui donner un biberon, il me dit : "regarde ton fils" oui je le regarde, il est beau je le sais ! Il insiste :"non mais regarde le bien ... il sort aujourd'hui !"
Je n'y croyais pas, enfin, si vite, c'était aujourd'hui, il y était arrivé !

A 15h,  après la visite de contrôle du pédiatre, nous voilà donc enfin sur le départ, on allait enfin pouvoir commencer notre vie à 3 !

2 commentaires:

  1. Très beau récit, très émouvant.
    J'espère ne jamais connaître la prématurité d'un enfant et j'appréhende un peu mieux ce qu'à vécu ma mère à notre naissance.

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    1. Je ne le souhaite à personne et encore je m'estime chanceuse car nous avons pu passer le fameux cap des 34SA. J'espère en tout cas ne plus jamais le revivre. Tu es née prema ?

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