vendredi 28 août 2015

Mon bébé prématuré #4

Lorsque mon bébé m'a rejoint cette nuit là, j'ai tout de suite ressenti le besoin de le prendre tout contre moi, de le sentir, je ne pouvais pas le laisser si petit, si fragile, seul dans sa petite couveuse.

La puéricultrice m'y a vivement encouragé, me ventant les bienfaits du peau à peau qui est essentiel à tous les bébés mais plus particulièrement aux prématurés, eux qui ont quitté si brutalement le ventre de leurs mamans.

C'est donc comme ça que j'ai passé une partie de la nuit, entre rêve et réalité, mon bébé n'était plus dans mon ventre, il dormait tout contre moi, bercé par les battements de mon cœur. 

Cette première nuit a également été marquée par la rencontre avec un nouvel appareil qu'il fallait que j'apprivoise : le tire-lait électrique.

En effet, ayant fait le choix d'allaiter mon enfant, il fallait absolument que je stimule le plus rapidement possible afin d'avoir la montée de lait. Mon bébé n'ayant pas la force de le faire, c'est le tire-lait électrique qui allait s'en charger. C'était donc parti pour 20 minutes de pompage et je devais impérativement le faire au moins 8 fois par jour.

Cette nuit là, la puéricultrice a également essayé de nourrir notre petit garçon à l'aide d'une seringue et de son petit doigt. Elle s'est alors très vite rendue compte qu'il avait beaucoup de mal à téter et m'a donc préparé au fait qu'il allait très probablement devoir avoir une sonde gastrique afin d'être alimenté par gavage. Elle semblait désolée mais je comprenais que c'était pour le bien de notre petit coeur et ça aurait été un miracle de pouvoir s'en passer.

Le lendemain matin on posait donc cette sonde dans le nez de mon tout petit. Le voir avec tous ces câbles était assez impressionnant. Il est vrai qu'en pensant à une naissance prématurée mon mari et moi nous inquiétons pour des problèmes cardiaques ou respiratoires. Nous n'avions absolument pas pensé au fait qu'il y aurait pu avoir un problème au niveau alimentaire. C'est pourtant bel et bien le seul soucis que rencontrait notre enfant.

Dès le 3ème jour, la puéricultrice a décidé de mettre en place les tétées pesées. En clair, avant chaque repas je devais peser mon bébé ensuite le faire téter au sein 20-30 minutes puis le repeser (ce qui impliquait à chaque fois débranchage/rebranchage de câbles). La différence de poids nous indiquait la quantité bu. Ce qui manquait de sa ration lui était donné via sa sonde avec mon lait tiré que je conservais précieusement dans le frigo de la biberonnerie. J'ai d'ailleurs très rapidement réussi à tirer des quantités très satisfaisantes, bien loin des 2-3 gouttes de colostrum du 1er essai !

Nous nous sommes ainsi très vite rendu compte que notre petit cœur ne tétait pas efficacement puisqu'il prenait uniquement 5-10 grammes. Plus les jours passaient, plus les quantités qu'il devait boire augmentées mais lui n'arrivait toujours pas à prendre suffisamment au sein. Pourtant il retirait très régulièrement sa sonde, ce qui signifiait souvent, selon les puéricultrice, que le bébé était "prêt".
En tout cas pas pour le notre ...

Très vite il a également commencé à régurgiter de façon très impressionnante (par la bouche, le nez).
J'ai eu très peur, du moins une puéricultrice m'a fait très peur en me parlant d'enterocolite necrosante - non je n'aurais pas dû aller voir sur internet - finalement ce n'était pas ça (ouf) mais son lait devait tout de même être épaissit.

Les jours qui ont suivis étaient tous rythmés de la même façon : de jour comme de nuit, toutes les 3 heures je changeais la couche de bébé avant de faire un tétée pesée, ensuite j'appelais la puéricultrice qui venait compléter son alimentation. Pendant ce temps-là je tirais mon lait puis une fois les accessoires lavés, je tenais mon petit chat bien droit pendant sa digestion.

Lorsque le papa était là, il m'aidait bien évidemment. Il nous rejoignait généralement vers 9 heures du matin, il repartait parfois entre 14h et 17h pour faire 2-3 courses et s'occupait du quotidien. Le soir il partait vers 21h. Quand il était là, il faisait beaucoup de peau à peau avec petit coeur. Je pouvais ainsi me reposer, manger, prendre ma douche... Il a pu également passer 3 nuits avec nous durant ce séjour.

Les journées passaient ainsi à toute vitesse et entre changements de couches, premiers bains, peau à peau, j'avais bien du mal à me repérer dans le temps. Ces 2 semaines furent à la fois les plus longues et les plus courtes de toute ma vie.

J''avais vraiment l'impression que mon bébé ne progressait pas, je ne voyais pas le bout du tunnel, le moment où enfin il mangerait seul. Sur les 65-70 grammes de sa ration recommandée, il prenait maximum 20 grammes au sein. Nous avons tout essayé la seringue, le DAL au doigt, le biberon, rien a faire, il n'avait pas le réflexe de succion.

Je voyais l'échéance des 15 jours en unité kangourou arrivée à grand pas et l'ombre de la neonat planait dangereusement au dessus de nos têtes. Non malheureusement nous n'allons pas y échapper.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire